"Décembre 2006, je pars travailler un an à Johannesbourg. Bye bye Paris !
Ce blog me permet de communiquer avec mes proches, ainsi qu'avec les internautes de passage.
Quelques notes sur mes impressions, des galeries de photos... L'Afrique du Sud est un pays aux facettes innombrables."
Au réveil, le temps est maussade : un épais brouillard est tombé, on ne voit pas à dix mètres. Après discussion, nous décidons d'annuler le tour en VTT, et partons directement pour visiter Lilongwe, la capitale.
Le trajet se déroule sans encombres, et nous arrivons en début d'après midi au backpacker. Nous partons faire le tour de la ville et décidons de visiter le marché central. Peu de produits, de mauvaise qualité, des baraquements insalubres et défoncés, une forte odeur d'urine et de déchets en décomposition. Les regards sont peu amicaux, je ne me sens pas à ma place. Je me retourne pour observer mes comparses, je m'aperçois qu'ils ont eux aussi le visage serré. Nous sortons de l'endroit, marchons encore un peu, puis retournons au backpacker.
Le soir, nous sortons dîner dans un restaurant. Nous cherchons ensuite un bar animé, mais c'est peine perdue. Les lundi soirs à Lilongwe ne sont guère trépidants.
Sur le chemin du retour en voiture, je me fais arrêter par la police. Ceux-ci me demandent mes papiers, et m'indiquent qu'ils veulent me soumettre à un alcootest. La limite est de 0,8g, avec mes deux bières et mes deux verres de vin je sais que je vais exploser le score. Je n'ai aucune idée comment je vais pouvoir négocier l'affaire, il ne nous reste plus beaucoup de liquide sur nous. J'ai les jambes en coton, je sors de la voiture, prend l'ethylotest, inspire une bonne bouffée par le nez, et souffle dans le tuyau.
Après quelques instants, le résultat s'affiche sur l'écran : 0,0. Je jette un regard incrédule à un collègue, celui-ci me murmure en français "tu veux pas demander au flic s'il connaît un endroit sympa pour aller boire un verre ?". Je me mords la langue pour ne pas exploser de rire, la tension nerveuse s'écroule d'un coup. Le policier est satisfait, me rend mon permis, et je remonte dans la voiture.

Nous nous levons de bonne heure pour admirer le lever du soleil, puis prenons un petit-déjeuner copieux.
Après quelques préparatifs, nous partons en petit canot à moteur, pour faire du snorkelling. Sur le trajet, le bateau s'arrête, et le guide nous montre des oiseaux dans un arbres. Ce sont des Fish Eagles. Comme j'ai peu d'intérêt pour les plumitifs de toutes sortes, je ne prête qu'un intérêt modéré.
Le guide jette dans l'eau un poisson avec un flotteur en bois, et pousse des cris stridents. Au bout d'un moment, nous voyons l'aigle s'élancer, et tournoyer au dessus de nos têtes en effectuant de grands cercles. Brusquement, il fond sur la surface du lac. A cinq mètres du sol, il se cabre, perd de la vitesse, puis vise le poisson. Il tape la surface de l'eau dans un mouvement fluide, attrape le poisson de ses serres, puis remonte se percher dans la colline, à cinquante mètres au dessus de nous.

La scène s'est déroulée à dix mètres du bateau. J'ai essayé de faire des photos, mais tout va trop vite. Le guide jette quatre nouveaux poissons, je range mon appareil et profite du moment.
Nous repartons, et arrivons bientôt dans une petite crique. Une femme entourée d'une vingtaine d'enfants est déjà présente sur la plage. Les enfants se baignent dans un marigot, se poussent d'un bateau pour tomber dans l'eau, partent au loin et reviennent en pirogue, machouillent des morceaux de bois. N'importe quelle Française deviendrait hystérique dans cette situation. Mais la jeune femme semble gérer parfaitement l'ensemble, et les enfants l'écoutent docilement lorsqu'elle leur demande de ramener les filets de pêche.
Nous allons nager vers les rochers de la crique. Peu de poissons, mais l'eau du lac est transparente et les couleurs sont magnifiques.
Après un déjeuner sur la plage, nous retournons à l'hôtel, faisons nos bagages, et partons pour Luwawa (prononcez ce mot à voix haute, vous allez voir, ça file la pêche !!!). Le paysage change littéralement, nous quittons les rives du lac pour entrer dans de vastes forêts d'exploitation de sapins.
Nous arrivons au lodge à la tombée de la nuit. Il est tenu par un Anglais, ancien ingénieur qui a tout construit lui-même, y compris un terrain de squash, au coeur de cette immense forêt.
Il ne fait pas très chaud, nous prenons une bonne soupe au pied d'une cheminée qui crépite. Ma parole, nous sommes au Canada !!!
J'ai un peu mal au crâne à cause de la soirée de la veille. Pendant que mes collègues partent randonner dans les villages avoisinants, je décide de rester lézarder au lodge.
Je bouquine un peu, puis je vais me baigner à la plage avoisinante. Unique blanc au milieu des locaux, au début je suis regardé avec curiosité. Puis je me fonds rapidement dans l'indifférence générale, et je peux alors goûter au spectacle. Les hommes discutent par petits groupes, assis sur des bâteaux. Les femmes se coiffent ou cousent des vêtement, en échangeant des rires en cascade. Les enfants chahutent et se lavent au bord de l'eau. A mon passage, ils me regardent avec des yeux immenses, et me lancent un "Hello, how are you ?", tout fier de maîtriser quelques mots d'anglais.
Loin des rues sordides et miséreuses des villes, c'est une image paisible et pleine de quiétude de l'Afrique rurale qui s'offre à moi. Le soleil se couche lentement derrière la montagne, et le lac se pare de reflets roses et or.

Nous prenons notre petit déjeuner sur la plage, et nous nous baignons quelques instants. Le lac semble immense, et l'endroit est désert. Au loin, à l'horizon, en plissant les yeux, on aperçoit les montagnes du Mozambique.

Nous partons pour Nkatha Bay. Impossible de se lasser du paysage : larges plaines, bordées de montagnes escarpées. Nous croisons souvent des petits villages, constitués de huttes. Le long de la route, beaucoup d'hommes et de femmes cheminent. Tout le monde marche nonchalamment, les hommes portent un balluchon sur l'épaule, les femmes un sac ou une bassine sur la tête. Les trois derniers kilomètres de piste sont très mauvais, nous sommes obligés de descendre de la Corolla pour éviter qu'elle ne touche par terre.
Nous dînons au lodge, puis sirotons quelques cocktails. J'avise un serveur : connait-il un endroit où nous pouvons faire la fête ? Celui-ci propose de nous accompagner. Je précise et reprécise : nous souhaitons un endroit pour danser, pas le repère des poivrots du village.
Las ! A l'intérieur du bar, quasiment que des hommes bien alcoolisés, des fumeurs de joint, et l'unique rasta du Malawi (dixit lui-même). De temps à autres, une rixte éclate, vite réprimée. Nous ne nous laissons pas impressionner, commandons nos bières, et tentons d'apprendre quelques pas de rock'n' roll aux rares jeunes filles présentes.
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