"Décembre 2006, je pars travailler un an à Johannesbourg. Bye bye Paris !
Ce blog me permet de communiquer avec mes proches, ainsi qu'avec les internautes de passage.
Quelques notes sur mes impressions, des galeries de photos... L'Afrique du Sud est un pays aux facettes innombrables."
Le matin, je prend un solide petit déjeuner, puis je fais la connaissance de Zack, qui sera mon guide pendant trois jours. C'est un cheval, répondant au nom de Lehobosiane, qui portera mon sac.
Ci-dessous, une version émouvante de l'hymne national du Lesotho, interprétée par Zack.
Nous partons vers 9h, pour sept heures de randonnée. Le paysage change entre plateaux, et flancs escarpés. Les gens croisés sont amicaux, les femmes et les enfants insistent pour que je les prennent en photo.

Plusieurs montées et descentes, des grandes zones de plats, puis de nouveau un relief de plus en plus pentu. En fin de journée, Zack me dit qu'il reste 1:30 de marche, et me montre la direction. Le village est juste derrière un col particulièrement escarpé. Pendant plus d'une heure je monte difficilement, en serrant les dents, ma fatigue commence à être importante. Et puis nous parvenons au col, le franchissons, et apercevons le village, minuscules huttes de pailles et de terres, blotties contre le flanc de la montagne.

En titubant, je suis Zack, et puis le vois disparaître derrière une hutte. Devant la porte d'une hutte, un homme me fais signe d'entrer. A l'intérieur, il fait très sombre, un feu brûle, une fumée atroce me pique les yeux. Plusieurs personnes me montrent une paillasse sur le sol. Je pense qu'ils souhaitent que je m'assois, je me baisse, et au dernier moment je m'aperçois qu'un vieil homme est allongé. Je vois leur tête effarée, je me relève d'un coup, je m'excuse comme je peux, puis sors rapidement de la hutte, encore abasourdi.
A la tombée de la nuit, je fais bouillir mon eau et la traite pour avoir de l'eau potable le lendemain. Je prépare ma ration lyophilisée, discute un peu avec Zack, et me couche à 8h. Dans le village, il n'y a pas d'eau courante, pas d'électricité. J'ai froid, je me couche tout habillé avec mes chaussettes, trois pulls et mon pantalon.
Je suis mort de fatigue, ma nourriture est infâme, j'ai peur d'aller faire pipi car j'entends des chiens hurler et tourner autour de la hutte. Je me demande ce que je fais là, puis je repense au poème :
Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom
(Paul Eluard : "Liberté")
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" Quand on commence à lire ce blog, on est tellement pris qu'on ne peut pas s'arrêter ! On veut toujours connaître la suite " ! dixit Karl.
Très belle évaluation de tous ces articles n'est-ce-pas ?