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"Décembre 2006, je pars travailler un an à Johannesbourg. Bye bye Paris !
Ce blog me permet de communiquer avec mes proches, ainsi qu'avec les internautes de passage.
Quelques notes sur mes impressions, des galeries de photos... L'Afrique du Sud est un pays aux facettes innombrables."

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Lundi 23 avril 2007

Plusieurs fois des collègues nous posent la même question : "pourquoi diable allez-vous au Malawi ?"

Effectivement, ce n'est pas très clair... Le pays est très peu touristique, le billet d'avion est cher. Aussi distinctement que je puisse me rappeler, un membre de la bande a dit "le Malawi, il y a un lac, les plages elles sont géniales, t'as l'impression que t'es au bord de la mer, sauf que l'eau elle est pas salée !!!" Et nous, on a tous dit banco, on fait les bagages, on achète les anti-palu, et c'est parti pour six jours.

Le Malawi est un pays en dehors des sentiers battus. Sur internet, peu d'information. Autour de nous, peu de récit de voyage. Pour l'instant, c'est la croix et la bannière pour louer un 4x4. L'itinéraire à l'intérieur du pays reste à confirmer, nous hésitons entre le centre et le Sud Est. Le choix reste peu facile, beaucoup d'informations semblent périmées sur les sites et dans notre vieux lonely planet (1997 !).

En dehors des sentiers battus... Partir en voyage, c'est découvrir des paysages sublimes. Partir, c'est faire des rencontres, c'est s'ouvrir à une autre culture. Partir, c'est s'évader, se reposer, échapper au stress et à la routine du quotidien.

Un joli tas de conneries.

Des kilomètres cahoteux de pistes poussiéreuses, des haltes dans des boui-bouis délabrés à manger des plâtrées de riz trop cuit. La méfiance envers les habitants, une culture et des langages que l'on ne comprend pas. La saisons des pluies qui n'en finit pas, et les lits miteux d'un backpacker qui semble être le QG des moustiques de la région...

Et puis un soir, on s'arrête et on contemple l'horizon. Les sens sont aiguisés par l'inconnu, et on se sent loin, loin de tout, loin de ses repères. Les pensées se mélangent et se perdent, on pense un peu à la fille de son coeur. Et puis ses traits s'estompent, et on se retrouve seul, à lire en soi comme dans un grand livre ouvert.

Partir, c'est plonger au plus profond de soi-même. Comme dans un immense lac d'eau douce, aux plages infinies.

par Fabien publié dans : Malawi
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Dimanche 22 avril 2007

Le week-end prochain s'annonce encore comme un grand pont de six jours. Après plusieurs tergiversations, nous avons acheté nos billets d'avion pour Lilongwe, la capitale du Malawi.

Le départ est prévu Jeudi prochain. Sur internet, peu d'information sur ce petit pays méconnu, notre impatience et notre curiosité commencent doucement à monter...

Ci-dessous une petite carte pour préciser les choses.

par Fabien publié dans : Malawi
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Mardi 10 avril 2007

De jour, Maputo grouille comme une fourmilière. Nous errons dans les marchés, puis visitons la gare construite par Gustave Eiffel.

Après un déjeuner copieux, nous prenons la route du retour. A la frontière, nous soudoyons un militaire pour éviter une queue interminable.

Nous arrivons de nuit à Jo'burg, et partons dîner à Rosebank. Je regarde les réverbères, les bordures bien alignées, et les néons des restaurants. Je me surprends à penser que je suis de retour à la maison.

PS : les photos sont en ligne dans la galerie.

par Fabien publié dans : Mozambique
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Lundi 9 avril 2007

Je me réveille, ça me démange de partout. Je regarde mon coude, j'ai dix piqûres de moustiques ! J'ai mis de la bombe, j'ai dormi avec un T-shirt manche longue sous une moustiquaire, je ne vois pas ce que j'aurais pu faire de plus...

Nous revisitons Inhambane le matin, nous traînons au marché local, puis petit tour dans la ville.

Nous partons pour Maputo. La route est vraiment mauvaise, au bout d'un moment je sens la direction qui flotte. Je m'arrête, et je constate que la roue avant gauche est percée. J'essaie de sortir la roue de secours dans le coffre, impossible ! Puis je réalise : à l'aller j'ai eu un accident, une voiture m'était rentré dedans à l'arrière. Je ne pensais avoir aucun dégât, mais je constate que le coffre a été légèrement comprimé, la roue de secours est coincée. Un Afrikaner s'arrête, et me suggère de la dégonfler légèrement, il me dit qu'il a une pompe dans son coffre. Je dégonfle la roue, et réussis à la sortir. L'Afrikaner part à sa voiture, reviens, et m'indique qu'en fait il a oublié la pompe ! Je ne sais si c'est lui l'abruti, ou moi de l'avoir écouté... Je fais 20km à petite vitesse pour trouver une station essence.

Nous dînons à Maputo. Nous rencontrons deux jeunes filles qui nous proposent d'aller prendre un verre. Nous les suivons, et entrons dans un établissement. A l'intérieur, des banquettes moisies, des rangées de filles, quelques vieux expats dégueulasses, des barres de lapdancing sur deux tables, nous comprenons d'un coup : nous sommes dans le plus infâme des bordels ! Nous nous regroupons comme cinq collégiennes, nous rions un peu jaune. A chaque fois que l'un d'entre nous tourne le dos, une fille passe et lui pince les hanches ou les fesses. Nous buvons notre bière, et nous nous échappons sans demander notre reste.

Trois cent mètres plus bas, nous sommes arrêtés par un barrage de police. Les policiers ont inventé nous ne savons quel prétexte, et veulent que nous les payions 80€. Ils nous expliquent en triturant leur kalashnikov que nous devons payer, ou nous allons passer une nuit en prison. Je sais que la partie est jouée d'avance, mais mes collègues ne l'entendent pas de cette oreille. Commence une longue négociation, qui se déroule comme un dialogue de sourd. Après une demi heure nous payons, et partons avec le sentiment de s'être fait raquetter.


par Fabien publié dans : Mozambique
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Dimanche 8 avril 2007

Dès le lever je me précipite sur la plage pour vérifier la hauteur des vagues. Aujourd'hui c'est journée surf ! Nous allons dans l'unique surfshop de la ville pour louer des planches. Je suis un peu déçu, le magasin ne possède que des shortboards, je sens que je vais galérer.

Sur le spot, les vagues sont faibles, à chaque fois que j'essaie de me mettre debout, je manque de puissance, je glisse sur ma planche comme sur une savonnette. J'observe un jeune local, qui se prénomme Andres. Il doit mesurer un mètre cinquante, il a quinze ans, il part sur toutes les vagues. Je discute avec lui au peak, il me conseille d'aller à Tofinho, les conditions seront meilleures.

Nous embarquons les planches avec Andres pour ce nouveau spot. Sur place, je reste perplexe. La mer est démontée, et il y a des rochers partout. Je lui demande comment faire, il me répond :"Tu jettes la planche devant toi, et tu sautes dessus, eazy !"

Nous nous dégonflons, et retournons à Tofo après avoir enlisé la voiture par deux fois. Je n'ai pas plus de réussite, et je ne prends aucune vague. Bah ! J'ai le plaisir de ramer dans l'eau, et tente ma chance plusieurs fois.

Le soir nous partons au restaurant. Nous invitons Andres, et faisons connaissance avec lui. Il nous explique qu'il va à l'école le matin, et qu'il vend des bracelets l'après-midi. Plus tard, il veut être président des Etats-Unis. Lorsque le serveur amène son énorme glace, je vois son visage s'illuminer. Il se fends d'un sourire gigantesque, ferme les yeux et balance la tête en arrière. Ses dents blanches sont étincellantes.

par Fabien publié dans : Mozambique
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